Les conférences de la souveraineté alimentaire : un grand réveil nécessaire pour la reconquête de nos assiettes
Quel est le but des conférences de la souveraineté alimentaire ?
Elles ont pour objectif l’élaboration d’une stratégie assortie d’objectifs de production et de transformation, à l’horizon de dix ans. Elle sera présentée en 2026. Ces conférences découlent de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture du 24 mars 2025 qui a érigé la souveraineté alimentaire comme objectif d’intérêt général prioritaire et vital pour la France.
- partant du constat de Mme Genevard :
Un poulet sur deux que nous consommons, un fruit et légume sur trois, 10 % de notre farine, 60 % de notre miel, 80 % de nos produits halieutiques, 65 % des pâtes alimentaires que nous mangeons sont aujourd’hui importés. […] Notre souveraineté est mise à l’épreuve et s’érode jour après jour. Nous devons collectivement la reconquérir.
Cette nouvelle stratégie devra prendre en compte les réalités des marchés aux échelles mondiale, européenne et nationale, le contexte géopolitique mais également les impacts du changement climatique et la disponibilité des ressources.
Elle s’appuiera sur les travaux collectifs des filières et feuilles de route gouvernementales déployées ces dernières années avec une approche supplémentaire intégrant un volet interfilières ainsi que territorial : les suites des États Généraux de l’alimentation, les feuilles de route de décarbonation, le Varenne de l’eau, les assises du sanitaire, les différents plans de filières réalisés…
Comment sont-elles mises en place ?
Ces conférences sont rendues possibles grâce à une gouvernance collaborative organisée à l’échelle nationale et régionale et coordonnée par Ludovic Spiers, ancien directeur d’Agrial.
A l’échelle nationale, placée sous l’égide de France Agri Mer (FAM), regroupe l’ensemble des principales filières françaises à travers7 groupes sectoriels à savoir :
- Grandes cultures,
- Fruits et légumes,
- Viandes blanches,
- Ruminants et chevaux,
- Viticulture,
- Productions végétales spécialisées,
- Pêche et aquaculture.
Animés par des référents issus du monde professionnel, ils réunissent les présidents et vice-présidents des conseils spécialisés de FAM, des principales interprofessions, des représentants des instituts techniques et de la recherche (INRAE), des représentants de l’amont comme de l’aval… Des experts peuvent également être mobilisés. Ainsi, plus de 200 professionnels interviennent au sein de ces groupes.
Une seconde phase s’enclenchera de mars à fin juin 2026 co-pilotée par le préfet de région et le président du conseil régional. Il s’agit de la phase territoriale, pilier essentiel du dispositif. Elle visera à fiabiliser les données issues des travaux nationaux en les confrontant aux réalités territoriales, à apprécier la contribution des régions aux objectifs nationaux identifiés, et à identifier les projets cibles susceptibles d’atteindre localement les trajectoires nationales . Cette phase, animée par les chambres d’agriculture, associera outre les services déconcentrés de l’état et les collectivités, les acteurs de l’aval tels que les coopératives, les IAA, les metteurs en marchés ainsi que les financeurs.
– souhait de M. Jonathan Saulnier, adjoint au sous-directeur des filières agroalimentaires (DGPE) :
Nous comptons sur les acteurs régionaux - DRAAF, DAAF, DDT, conseils régionaux, Chambre d’agriculture - pour approfondir au niveau territorial le premier travail qui aura été produit par les groupes sectoriels. Cette prochaine étape, qui aura lieu de mars à mai 2026, est essentielle. Elle permettra d’incarner les grandes orientations nationales au sein de projets territoriaux concrets et d’illustrer les engagements des acteurs de terrain. Cette approche territoriale permettra de renouer la conciliation des enjeux économiques, sociaux et environnementaux jusqu’au dernier kilomètre et d’aligner les ambitions collectives locales et nationales.
Du fait des spécificités liées à l’insularité et à l’éloignement et de l’antériorité sur ce sujet des départements et régions d’outre-mer (DROM), la phase territoriale fera l’objet de modalités spécifiques pour les territoires ultramarins :
- actualisation des Plans de souveraineté alimentaire élaborés en 2023 (une trame spécifique sera proposée),
- démarche visant la souveraineté alimentaire du territoire, et non une contribution du territoire à la souveraineté alimentaire nationale,
- adaptation de la gouvernance au contexte local.
L’ODEADOM et le délégué interministériel à la souveraineté agricole des outre-mer (DISAOM) sont chargés d’animer le volet ultramarin de la phase territoriale.
Ces travaux seront conclus par la ministre lors d’une conférence nationale sur la souveraineté alimentaire au cours de laquelle sera officiellement présentée la stratégie nationale prévue par la loi.
Et pour les citoyennes et les citoyens, quelle implication ?
« Le grand réveil alimentaire » doit également passer par une prise de conscience citoyenne. Aussi, parallèlement aux travaux menés par les professionnels des filières, une consultation publique en ligne a été ouverte entre décembre 2025 et fin janvier 2026 afin que chaque Française et chaque Français puisse donner son avis et partager ses idées sur la stratégie nationale pour l’alimentation.
Le calendrier des Conférences de la souveraineté alimentaire
- 8 décembre 2025 : lancement
- de décembre 2025 à mi-février 2026 : les 7 groupes de travail sectoriels se réuniront chacun de leur côté pour travailler à des propositions
- mi-janvier 2026 : remise de premières contributions régionales
- mi-février 2026 : actualisation des plans de souveraineté d’Outre-Mer
- février 2026 : les premières conclusions et lignes directrice de la stratégie seront présentées lors du salon international de l’agriculture
- mars-mai 2026 : déclinaisons territoriales avec fiabilisation des données et identification des projets cibles
- été 2026 : présentation du nouveau plan de production et de transformation à 10 ans
Article accès ici sur l’intranet du MAASA Publié le 29/01/2026 | Mis à jour le 02/02/2026
Suivez nous sur twitter
Livret d’accueil 2023 du nouvel arrivant
2026
2025
Accès aux archives


